• La gouvernance

    Echange-débat autour du thème de la gouvernance
    (prise de notes, pastorale mars 2012, Haguenau)

    Avec Marc Seiwert et Philippe Aubert

    GJ le comité avait envie de réfléchir à la gouvernance de l’UEPAL à un moment où beaucoup de changements vont avoir lieu dans le Conseil restreint de l’UEPAL.

    6 questions ont été préparées et seront proposées aux deux intervenants

    Question 1 : Quels sont les points de repères théologiques et ecclésiologique pour la gouvernance d’une Eglise protestante selon vous.

    MS : la tradition de la Réforme me va très bien qui a mis au goût du jour le sacerdoce universel. La synodalité j’y tiens beaucoup.
    La gouvernance est à tous les niveaux : elle commence dans la paroisse, dans le conseil presbytéral, dans le consistoire. Ce qu’il faut c’est une transversalité entre ces gouvernances. Toutes les Eglises protestantes ont un système synodal avec parfois des nuances. Mais la synodalité est la base de l’ecclésiologie protestante.

    PA : dans le concret de la réalité de l’UEPAL, il y a des formes intermédiaires entre épiscopalien et presbytéro-synodal nous y reviendrons. Calvin envisageait la possibilité d’Eglises avec des évêques dans le cas de l’anglicanisme naissant.
    Mais aujourd’hui nous arrivons à des formes de gouvernance alternatives qui sont le problème.

    Question 2 : quelle est votre analyse de la gouvernance dans l’UEPAL en particulier ?

    PA : une des forces est qu’on est en passe de résoudre la gestion des postes pastoraux. Le système de nomination des pasteurs dans l’UEPAL pourra permettre de freiner la désertification de certains secteurs. Aujourd’hui nous avons une vision globale de la gestion des postes dans l’ensemble de l’UEPAL là où avant les pasteurs postulaient directement dans un consistoire (réformé).

    Il y a une solidarité et une planification possibles aujourd’hui. Nous ne pouvons pas concentrer tous les postes pastoraux dans les grandes villes.

    Il y a une grande faiblesse : la gestion des carrières pastorales. Il y a des collègues qui sont un peu des « serviteurs inutiles », aigris, qui pensent qu’ils n’ont pas eu la carrière qu’ils méritaient, à tort ou à raison. Nous n’osons pas parler de carrière pastorale peut-être à cause de la modestie protestante.

    MS : nous sommes victimes d’un système qui semble assez démocratique. Nous ne sommes pas en mesure de demander le départ de quelqu’un. Les changements de postes sont liés à des vacances et postulation. Il y a des collègues qui sont en effet enfermés dans un endroit. Dans le Palatinat il y a alternance une fois sur deux le Conseil nomme, une fois sur deux le pasteur postule.

    D’où venons-nous dans l’UEPAL ? Lorsque nous avons fait l’Union nous n’avons pas fait ce que nous voulions, tenus par les articles organiques, dans un cadre juridique donné. Du fait de ces contingences extérieures nous avons fait l’union dans un certain cadre et contraintes. Et cela n’a pas été mal fait. Mais la démarche a été différente de celle employée dans la future EPUF qui va vers une fusion à laquelle j’étais favorable. Néanmoins le cadre permet de travailler correctement à une condition : que les différents endroits de la gouvernance fonctionnent bien sans confusion. Il y a l’exécutif, le législatif, chacun doit conserver son espace et sa responsabilité sans empiéter l’un sur le domaine de l’autre. Ici est la faiblesse du système.

    PA : d’où venons-nous ? Je n’étais pas favorable à l’Union telle qu’elle a été enclenchée mais je constate que ceux qui ont fait cette Union ont fait un travail remarquable dans un contexte difficile. Cette Union a encore été améliorée dans son efficacité dans l’Union financière qui a été un très grand pas (j’en étais un partisan). Elle a été techniquement complexe mais s’est faite dans un partage, une confiance, une relation fraternelle exceptionnelle. Bien sûr, elle profite d’abord à l’EPRAL (vous vous êtes mariés avec une jeune fille pauvre de la campagne). De grands élans sont donnés par le gouvernement central de l’Eglise : protestemps’forts, 11 secteurs… ce qui est intéressant.

    Question 3 : quel est votre regard sur le recrutement raté d’un secrétaire général qui était chargé de la transversalité et de la prospective ? Cet échec collectif est-il un symptôme de quelque chose ? D’autant qu’un nouveau poste est ouvert ce mois-ci.

    MS : je me suis demandé pourquoi vous nous posez cette question ? Je n’ai jamais ressenti cette gouvernance de type managériale.  A mon avis il y a deux raisons : le positionnement du poste n’était pas bien fait. Et toute une procédure a été ratée : il n’y a pas eu de déclaration du poste. Ce poste aurait pu m’intéresser mais un ami m’en a dissuadé. Ce poste était mal positionné hiérarchiquement. Cela a été reconnu mais trop tard. Nous nous sommes plantés. Mais ce n’est qu’une partie de l’échec. En posant sa candidature sur un cahier des charges tellement fou on prend un risque. La seconde raison de l’échec tient à la personne qui n’a pas réussi à se positionner sur ce poste non positionné.  Beaucoup de responsables de services ont eu l’impression qu’il avait été nommé un « super chef ». Le nouveau poste vacant a une orientation différente vers la formation des laïcs, des adultes avec un cahier des charges, une commission d’embauche. Les choses sont peut-être rapides ne devrait-on pas se donner un peu plus de temps ? Mais il faut se garder de comparer au poste précédent.

    PA : gouvernance de type managérial : cela me fait toujours sursauter quand dans l’Eglise ont parle de managérial. Peu de pasteurs ont des formations pointues de ce type. Nous parlons de choses que nous ne connaissons pas. L’Eglise qui veut manager prend la chose à l’inverse : un ingénieur chez Thomson sait exactement comment il faut parler de son produit. Alors que dans l’Eglise nous avons un éparpillement dans la clientèle et dans la manière de vendre le produit.

    La démarche de base a été de dire : pour une fois on ne va pas prendre un pasteur mais du monde extérieur.

    Ce qui se passe c’est que nous avons différents types de gouvernance qui se mettent en place. Des gens sont élus sur des mandats de 3 ans (présidents de consistoire), d’autres à vie, des secrétaires généraux qui sont recrutés alors qu’aucune assemblée d’Eglise ne lui a donné sa légitimité. Il ne faudrait pas qu’il y ait des statuts trop différents pour des personnes dépositaires de l’autorité.

    Dans les entreprises la définition est extrêmement précise et les moyens sont mis en regard. En Eglise la mission est floue, les moyens on verra.

    Question 4 : quel est l’impact des facteurs personnels dans la gouvernance de l’UEPAL ?

    MS : je pense qu’il y a une exigence absolue qui est celle de la collégialité qui doit primer par rapport à tout le reste. Sinon il y a dysfonctionnement. Je refuse de croire en une Eglise qui ressemblerait à une république bananière. La seule manière d’y échapper est l’exigence de la collégialité.

    Si le facteur personnel prime cela devient du copinage. Il y a toujours cette tentation.

    PA : nous sommes plutôt des individualistes dans le corps pastoral, beaucoup de collègues ressentent la gouvernance comme une autorité qui leur serait imposée. Mais même lorsqu’il y a autorité pour prendre l’exemple du président de Consistoire il y a au minimum l’assemblée consistoriale qui doit valider les décisions (au moins 8 personnes). Le copinage se retourne toujours contre ceux qui l’ont mis en place.

    Question 5 : dans la gouvernance de l’UEPAL quels seraient les changements, inflexions à amener ?

    PA : il y a quelque chose d’assez simple qui est un vœu : il faut que l’assemblée de l’union soit véritablement un parlement. Mais ce n’est pas facile à faire, cela suppose une autre préparation des dossiers.

    La pire chose qui peut arriver c’est quand certaines des institutions de fonctionnent pas. Il faut faire très attention à ce que tous les endroits dépositaires de responsabilité fonctionnent pour ne pas créer une lourdeur qui serait terrible.

    MS : tous les ingrédients sont là. Nous sommes en marche vers une assemblée de l’union qui tienne sont rôle. Son fonctionnement a évolué.

    Question 6 : le corps pastoral unifié : quels seront les points sur lesquels il faudrait veiller ?

    MS : il y a des choses dont nous ne ferons pas l’économie : la question des ministères et de leur diversification dans les années à venir. Aujourd’hui nous sommes trop pastoro-centrés dans notre Eglise. Nous sommes trop de pasteurs. Dans notre inspection avec beaucoup de petits postes nous sommes obligés de créer des bricolages pas toujours évidents : pasteur et jeunesse, musique, théâtre…

    Pourquoi pour certaines fonctions faut-il forcément des pasteurs ? Parce qu’on ne s’est pas donné les moyens de fonctionner autrement.

    PA : je reviens à la gestion des carrières des pasteurs. Une institution de taille moyenne comme la notre fait rentrer ses cadres pour 40 ans sans pouvoir leur proposer un plan de carrière. Le modèle du pasteur de paroisse de campagne qui passe 40 ans de carrière dans un même lieu est caduc.

    Pour déplacer des collègues il fallait jusqu’alors procéder de manière souvent insidieuse qui pouvait s’apparenter à du harcèlement.

    Je découvre avec bonheur aujourd’hui la formation initiale. Cette formation doit être la matrice des pasteurs que nous voulons dans l’UEPAL. Elle doit s’en donner les moyens. Quand on sort de la formation initiale nous devrions tous avoir une même « marque de fabrique ». Telle qu’elle est, elle est déjà fort exigeante, bien faite. Nous ne pouvons pas penser une institution sans un esprit de corps.

    Il faut faire attention sur le plan de la déontologie de la manière dont nous parlons de nos responsables (inspecteurs, président, …).

     

    Questions 

    Michel Guerrier : j’entends très peu, je suis très mal informé de ce qui se passe dans notre Union d’Eglises étant à la retraite. J’aimerai plus de communication.
    Deuxièmement je ne trouve pas vraiment de synodalité dans les débats dans nos assemblées de consistoire et inspection.

    Troisièmement : ne pourrait-on imaginer un fonctionnement par partis, tendances ?

    GJ : l’information ne circule pas bien. Il est difficile de trouver l’ordre du jour du consistoire supérieur.

    PA : ce qui paradoxal c’est que nous n’avons jamais eu un service communication aussi important.

    Pour les tendances, depuis 20 ans il n’y en a plus. Elles sont en train de réapparaître. Il faut s’y réhabituer avec des enjeux qui vont diviser profondément le corps pastoral.

    MS : nous ne sommes pas préparés à cela. Le lobbying en Eglise serait une bonne chose. On n’aime pas trop cela en jouant une pseudo-unité qui n’existe pas vraiment. Il faudrait reconnaître de vrais tendances, pourquoi pas de partis d’Eglise.

    En Eglise nous devons avoir la culture du débat. Elle est possible dans toutes nos instances.

    JM Dupeux : sur la synodalité, j’ai le sentiment que nous ne parlons de la même chose dans l’UEPAL que dans l’ERF. J’ai souvenir de synodes qui parlaient de l’étranger, de catéchèse, de liturgie… Les débats partaient des paroisses. Dans l’UEPAL des processus synodaux peuvent-ils fonctionner ?

    Pour la question de la formation : les ministres étaient ministres de l’Union, pas question de ne pas venir à la réunion du consistoire… Celui qui ne bouge plus de sa paroisse c’est qu’il ne sait pas qu’il est ministre de l’Union

    GJ : j’ajouterai la question du temps. Aujourd’hui les décisions se prennent très vite. Nous donnons-nous le temps du processus synodal ?

    Yves Keller : la question du sacerdoce universel. La solution doit être l’acceptation d’une acceptation de la délégation d’autorité…………..

    MS : ce n’est pas parce que les structures sont synodales que le fonctionnement l’est. La synodalité reste à intégrer dans nos mentalités. Mais fonctionnement ne signifie pas non plus je fais ce que je veux quand je veux ou je veux. Et la synodalité ne doit pas venir « parlotte » non plus.

    PA : la discipline réformée, différente d’un règlement. L’intervention d’Yves Keller pointe des manquements. Le système presbytérien-synodal devrait rendre impossible de faire n’importe quoi sur le plan liturgique par exemple.

    Une paroisse qui voudrait se lancer dans des travaux en se « suicidant » financièrement cela ne devrait pas être possible non plus. Les comptes des paroisses sont normalement contrôlés.

    Danielle Morel : quand on pense gouvernance on va vers le haut. Est-ce la synodalité. On invite un président de consistoire et un inspecteur.

    Je vois d’énormes différences entre église luthérienne et réformée. Avec une gouvernance énorme en pastorale (PA : qui n’a aucune légitimité). L’assemblée d’inspection par exemple n’a qu’une seule prérogative : élire l’inspecteur.

    PA : quand dans les pastorales on prend des décisions qui vont influer sur la vie de l’Eglise, c’est alors du cléricalisme à l’état pur.

    Gilbert Greiner : dans notre Eglise il y a beaucoup de laïcs mais d’où leur vient leur formation ? Ils sont élus et délégués. Nous n’avons aucune exigence envers eux en matière de formation.

    Esther Lenz : comment voyez-vous cette formation d’adultes dont on parle tant ?

    Jacques Morel : si nous commencions par avoir une vraie information sur ce qui se vit, se passe dans notre Eglise ? Sur ses rouages… Les paroissiens pourraient se sentir plus solidaires de ce qui se passe dans notre Eglise. L’information de plus doit être cherchée sur un site internet pas toujours très accessible

    Richard Grell : pour comprendre la synodalité (dans l’ERF) j’’ai mis du temps. C’est une culture d’Eglise, qui demande un certain temps. En Alsace cela ne fait pas du tout partie de cette culture. La méthode synodale de l’ERF est vite balayée, assimilée à du bavardage.

    Concernant la formation : lorsque je suis arrivé en poste il y avait des contenus, des occasions nombreuses de rencontres mais une résistance à discuter de théologie. Quels pasteurs voulons-nous pour quelle Eglise devrait précéder la question des structures ?

     Esther Lenz : pour les laïcs il y a d’abord de la formation de fond à faire.

    Alexandra Breukink : aux Pays-Bas où j’ai été formée ce qui était intéressant étaient les textes de base qui portaient cette formation et en particulier une confession de foi. Arrivant dans l’UEPAL j’ai reçu le vademecum, texte juridique.

    MS : nous aurions dû nous demander qui sommes-nous ? avant de décider ce que nous allons faire. Nous devons faire de la théologie avant de lancer des projets.

    PA : depuis 25 ans je dénonce l’éclipse de la théologie dans l’Eglise. Il faut reconnaître l’état déplorable de la théologie dans le milieu intellectuel français.

    Il est normal d’exiger d’un pasteur de paroisse de former théologiquement le plus grand nombre possible de ses paroissiens. Le pasteur est un formateur.

    Si nous organisions une formation extraordinaire quel serait le 1er obstacle : la faculté.

    Yves Kéler : il y a un manque d’unité dans l’Eglise. Ceux qui dirigent doivent avoir une vision d’ensemble sinon ils ne font que fonctionner.

    Qu’est-ce que le corps pastoral ? Une unité. Il y a un seul ministère en plusieurs personnes et non l’inverse.

    L’emploi des retraités : je me considère toujours comme membre du corps pastoral. Des compétences parfois très rares et pointues sont inutilisées ou mises de côté.

    GJ : l’APAL a toujours invité actifs et retraités

    MG : quand JF Collange a présenté le projet de l’UEPAL il a dit que la base ce sont les accord de Leuenberg. Il y a donc une base théologique.

    Mot de conclusion des intervenants

    PA : un système n’est jamais parfait et a besoin de contre-systèmes. Il faut voir où nous sommes arrivés. Nous avons commencé par les structures et constaté que l’ECAAL et l’ERAL ne pourraient en aucun cas être fusionnées. Actuellement est en train de se créer une 3e Eglise, alsacienne qui va avoir une personnalité différente de la pure identité orthodoxe luthérienne, ou réformée. Ce qui me semble assez exaltant.

    MS : nous sommes en train de sortir de la nostalgie d’une Eglise telle que nous aurions aimé qu’elle eût été un jour et qu’elle n’a jamais été. Nostalgie de la Heimat dans lequel on se sent tellement bien. L’union n’a pas gommé les deux Eglises mais il faut se laisser du temps.

    Et je terminerai par la question des repères que souvent les parents semblent regretter que la société ne fournisse plus. Ce n’est pas vrai, il y en a toujours, mais nous n’avons plus les outils pour les discerner. Mais ils sont là, les fondamentaux sont là.

    Et deux piliers à venir : formation des laïcs et réflexion sur les ministères

     

    Echange à propos du statut local des cultes

    (la pastorale a eu lieu durant la campagne présidentielle, et la proposition de constitutionnalisation de la loi de 1905 par le candidat François Hollande était l’objet de cet échange)

    Gérard Janus rapporte son entretien avec Jean-François Collange avec le doyen et la présidente de la faculté de théologie. Jean-François Collange a fait part de son inquiétude quant au projet de constitutionnalisation de la loi de 1905. Avec Claude Baty ils ont rencontré François Hollande qui leur a fait part de son projet de réunir le Congrès pour la modification de la Constitution pour deux points : la suppression du mot « race » et l’intégration de deux articles de la loi de 1905 avec la mention de l’exception alsacienne. Ce qui inquiète Jean-François Hollande (ainsi que l’archevêque) c’est qu’un amendement pourrait supprimer cette exception.

    Quelle serait la manière la plus astucieuse de défendre le statut local des cultes ? Par un travail de sensibilisation de l’opinion publique pour montrer que ce statut n’est pas aussi cher, aussi inutile qu’on pourrait le prétendre. Il souhaiterait que dans cette hypothèse les efforts soient coordonnés.

    La situation est sensible aussi pour la faculté de théologie (la faculté catholique est mieux protégée par un traité international). La première ligne de défense serait d’argumenter au niveau national. A l’échelle de la France une telle évolution ne serait pas positive car viserait en fait l’islam, pour freiner son intégration en France. On été évoquées des questions européennes. Gérard Janus pense que notre statut local crée un pont avec des voisins européens. Jean-François Collange pense que l’argument européen n’est pas porteur.

    Michel Faullimel : nous avons des raisons de nous inquiéter. Mélanchon pourrait demander des gages si Hollande était élu. La partie financière est peu importe, c’est la partie idéologique qui est la plus importante. Mais nous manquons d’argumentaires. Le rôle de l’APAL serait de nous fournir un argumentaire que nous pourrions proposer pour les membres d’Eglises dans les lieux où ceux-ci sont amenés à intervenir.

    Gérard Janus : sur les 54 millions du coût du régime des cultes, la part protestante représente 14 millions

    Questionnement de plusieurs participants : ces 54 millions sont-ils retirés de la dotation de l’état ? Auquel cas ce serait non l’état mais la région qui financerait ce régime.

    Yves Kéler : le traité de Westphalie de 1648 est toujours en vigueur.

    Alexandra Breukink : y a-t-il des scénarios de réaction ?

    Gérard Janus : pour le moment nous sommes dans une phase d’attente. Après le 1er tour suivant le score de Mélanchon la situation sera réévaluée. Un travail commun est prévu avec l’archevêque au niveau œcuménique pour une première ligne argumentative qui serait nationale  et non la défense régionale. Si le Parlement se réunissait il faudrait déployer de nouvelles stratégies.

    Michel Guerrier : Jean-Louis Hoffet pense que nous ne pouvons pas dire non frontalement mais nous pouvons le défendre en le révisant et en demandant à l’Etat de déplacer la problématique au niveau régional.

    Christian Greiner : Mélanchon voudrait bien étendre le statut de la sécurité sociale à toute la France mais supprimer la rémunération des religieux. Je suis persuadé que le statut local tombera lorsque la population (protestante, catholique, …) ne le soutiendra plus. Pensons-nous que la population le défendrait ?

    Alexandra Breukink : au niveau de notre ecclésiologie cette suppression pourrait aussi être une chance. Une Eglise qui ne serait pas fondée sur l’histoire napoléonienne etc… j’ai l’impression que le Concordat nous empêche de voir et d’affronter le fait que notre Eglise traverse une énorme crise. Aux Pays-Bas les Eglises ont choisi de sortir d’une situation concordataire.

    Gérard Janus : en effet tout le monde est conscient de ce que le statut concordataire a de confortable et fait écran avec la possibilité de regarder la réalité en face.

    Michel Guerrier pointe le ridicule de la multiplication des baptêmes républicains.

    Françoise Géhenne : le problème du Concordat c’est qu’il ne nous donne aucune possibilité d’évolution (impossibilité des postes à mi-temps pour des parents…). Je crains que nous ne devenions qu’une coquille vide. Parce que les postes sont financés les pasteurs continueraient à organiser des choses dans des paroisses pour un public toujours plus étiolé. Les laïcs devraient aussi se responsabiliser : s’ils veulent une Eglise, un pasteur, s’en donner les moyens.

    Thierry Baldensberger : sommes-nous satisfaits du résultat de ce que nous faisons ? Ou cette peur que nous avons de la suppression du Concordat ne vient-elle pas de ce que nous ne sommes pas satisfaits nous-mêmes de ce que nous faisons.

    Christian Greiner : ne sommes-nous pas en train de nous justifier ? Je ne me sens pas démotivé, j’ai des projets, je ne suis pas installé dans un confort. Il y a aussi d’autres particularismes régionaux. Mais la question c’est est-ce que les alsaciens sont devant nous ?

    Gérard Janus : je ne suis pas certain que Hollande qui veut se positionner en rassembleur risquerait d’exposer cette question publiquement.

    Conclusion : le comité se réunira prochainement et lors d’une prochaine réunion nous verrons s’il y a lieu d’organiser une réunion élargie avec des spécialistes.

2  057 Responsesso far.